Togo : l’inclusion financière va booster les ODD et créer des emplois

27 sept. 2016

L'inclusion financière permet une plus grande autonomisation des femmes et des jeunes. Ici, un groupe de femmes apprennent la fabrication de savon traditionnel. Crédit photo Emile Kenkou

Environ 60% de la population togolaise (15 ans et plus) ont accès aux services financiers. C’est ce que révèlent les résultats d’une enquête de référence sur la demande des services financiers au Togo. Toutefois, il existe des disparités importantes, mais un certain nombre de leviers devraient permettre une plus large inclusion.

L’étude FinScope Togo 2016, permet ainsi de comprendre comment les Togolais jeunes et adultes gèrent leurs finances et les éléments qui influencent leur accès à des services financiers. L’enquête a aussi permis d’identifier le rôle joué par les secteurs financiers formel et non formel dans l’environnement financier togolais.

Il apparaît que 45% des adultes sont formellement servis notamment par les banques et par les autres produits et services (non bancaires) ; 18% sont servis par les banques ; 42% utilisent les autres produits et services (non bancaires) ; 31% utilisent seulement des mécanismes non formels (informels) pour gérer leurs finances tandis que 40% des personnes âgées de 15 ans et plus sont financièrement exclues, soit environ 1,67 millions d’adultes.

Des barrières à lever

Ils sont issus principalement des milieux ruraux, la plupart du temps des femmes, âgés de 14 à 34 ans, sans éducation formelle, particulièrement l’école primaire ou le jardin d’enfants et concernent davantage la région des plateaux.

L’étude est axée sur une gamme de services et produits financiers au Togo, notamment le crédit, l’épargne, la monnaie électronique, les services bancaires et l’assurance.

Selon l’enquête, l’utilisation du crédit n’est pas répandue au Togo. Environ 27% des togolais y ont accès. Presque 17% des adultes utilisent des prestataires informels. L’aspect positif est que environ 28% de ceux qui empruntent ont déclaré l’avoir fait pour démarrer ou développer une entreprise tandis que 19% utilisent le crédit pour financer l’achat des produits agricoles pour les revendre. 

Autres points important contenus dans l’étude, l’éducation des consommateurs et l’alphabétisation financière sont de véritables problèmes dans le pays. Il s’agit du secteur de l’assurance où la plupart des adultes interrogés déclarent ne pas être financièrement bien renseignés. Même si 53% d’entre eux ont indiqué un besoin pour l’éducation financière, principalement pour leurs propres finances, 63% ne demandent pas de conseils financiers et sont ainsi pris au piège par manque d’information. D’ailleurs la souscription à l’assurance reste faible, 19% seulement.

Le Mobile Money, un des leviers de l'inclusion financière

Près du quart de la tranche d’âge sélectionnée (24%) utilise les mécanismes de transfert d’argent, le mobile money, faisant de ce dernier un des leviers d’inclusion financière. Trouver des produits innovants et adaptés aux besoins de ceux qui sont exclus ; promouvoir l’accès au crédit pour offrir des opportunités de financer les moyens de production ou des opportunités pour démarrer des affaires ou pour acheter des équipements agricoles ; s’inspirer des leçons apprises du mobiles money des pays de l’Afrique de l’Est ; agir sur les leviers identifiés et travailler sur les barrières pour une inclusion plus totale, etc. Telles sont les recommandations de cette étude menée sur un échantillon d’individus (5 197) dans toutes les régions et milieux urbains et ruraux du pays, entre mars et avril 2016.

Selon Mathieu Soglonou, Coordonnateur régional de l’UNCDF (United Nations Capital Developpement Fund) pour l’Afrique de l’Ouest, " l’inclusion financière contribue énormément à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), notamment sur les questions liées à la faim, à l’éducation, à l’accès aux énergies, au bien être de manière générale ". Pour lui, cette enquête est un grand pas accompli par le Togo vers la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l’emploi et l’accélération des ODD.

Le PNUD et l’UNCDF ont accompagné cette étude dont la méthodologie et le processus MAP (Making Access Possible) ont été élaborés conjointement par l’UNCDF, FinMark Trust (Afrique du Sud) et Cenfri. Le Gouvernement togolais et l’Institut de la Statistique et des Etudes Economique et Démographiques (INSEED) y ont pris une part active.

A ce jour, 27 pays dans le monde dont le Togo et les Seychelles ont conduit leurs enquêtes FinScope. Elles sont en cours dans 6 pays – « 3 dans la SADC, dont 1 en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso).