Aide ou partenariat : entre idées reçues et nouveaux paradigmes

2 sept. 2016

Mme Khardiata Lo Ndiaye, Coordonnatrice du Système des Nations Unies au Togo et Représentante résidente du Pnud/ Crédit photo : Emile Kenkou

"Aide ou partenariat au 21ème siècle, entre idées reçues et nouveaux paradigmes ", c’est autour de ce thème que Mme Khardiata Lo Ndiaye, la Représentante résidente et Coordonnateur du Système des Nations Unies au Togo a animé le 02 septembre la 6ème rencontre du Club diplomatique de Lomé (CDL).  Un auditoire fasciné par la profondeur de sa réflexion.

"L’aide publique au développement (APD) est souvent perçue comme peu efficace, ses justifications parfois douteuses et elle rime pour certains avec gaspillage de l’argent du contribuable " a d’entrée de jeu introduit Mme Lo Ndiaye. Selon la diplomate onusienne, cette critique interpelle d’autant plus qu’elle émane d’intellectuels africains.

L’histoire de l’APD a évolué au fil du temps

Pendant toute la période de l’immédiat après guerre jusqu’aux années 60, l’aide se positionne comme instrument privilégié pour la reconstruction économique et le développement. Elle évolue pour devenir une « obligation morale du Nord envers le Sud. Mais cette vison politique et quantitative de l’APD a atteint ses limites quelques décennies plus tard. L’APD devient dans les années 80 et 90 le vecteur de la restauration des grands équilibres macroéconomiques. En 2000, le Sommet du millénaire réoriente clairement l’aide vers la réduction de la pauvreté et l’inscrit dans un contrat universel à travers les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).  

Ce qui a changé selon, lMme O NDiaye, "c’est qu’on est passé d’une relation bailleur-receveur à un relation de partenariat (ODD)". De même, le poids des transferts de la diaspora est de plus en plus important. Les envois de fonds vers l’Afrique sont estimés autour de 37 milliards de dollars en 2010 et ont dépassé l’APD depuis. Toutefois, prévient Mme Lo Ndiaye, face à la baisse constante de l’APD, "les pays qui ne prendront pas leur propre développement en charge auront toujours à subir des agendas qui ne sont pas les leurs."   

Le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion créé à l’initiative du ministre togolais des Affaires étrangères, M. Robert Dussey. La prochaine rencontre est prévu au mois de novembre et abordera la question des faux médicaments en Afrique.