
Lomé, le 24 octobre 2011 :Une vaste opération de dénombrement des agents publics de l’Etat a été effectuée du 24 au 31 octobre. Plus de quarante cinq mille personnes sont concernées par cet exercice dont l’un des objectifs à court terme est de constituer un fichier physique unique devant servir de base au fichier électronique de référence à l’usage des services de la Solde et ceux de la Fonction Publique, pour une véritable maîtrise des effectifs et de la masse salariale. Cette opération bénéficie de l’appui technique et financier du PNUD.
Sylvie est assistante administrative dans un des nombreux départements de l’administration publique. Très tôt le matin du premier jour de l’opération, elle a répondu à l’invitation lancée par le gouvernement pour le contrôle de ses agents. Son dossier et sa carte d’identité en main, elle suit attentivement le doigt de l’agent recenseur sur la liste. La situation des effectifs de l’Administration Publique a en effet pâti de la longue crise qu’a traversée le pays dans les années 90, avec pour conséquence la réduction de la capacité à promouvoir une gestion prévisionnelle efficiente des emplois et des effectifs. Des difficultés ont également été notées dans le système de gestion et de contrôle des implications financières des différents postes administratifs des agents publics.
Plus de 120 agents recenseurs sont déployés sur le terrain, et Sylvie, sereine, trouve dans cette opération, une bonne solution pour faire le ménage. ‘’Il faut que le gouvernement vérifie de temps en temps si les gens qui occupent leur poste méritent le salaire qu’on leur donne’’ dit-elle, ajoutant que de nombreuses personnes émargent sur le budget de l’Etat sans être réellement qualifiés. « Ici, on les appelle des fonctionnaires ‘’fantômes’’. Certains se sont même prévalus de faux diplômes pour occuper parfois des postes de responsabilité. » La liste des documents (plus d’une dizaine) à fournir démontre la rigueur que les autorités veulent donner à ce contrôle afin de rayer définitivement les nombreux agents indélicats de l’administration publique.
Le Ministre d’Etat en charge de la Fonction publique, de la Réforme, et de la Modernisation de l’Administration Publique est descendu sur le terrain des opérations, accompagné de la Représentante Résidente du PNUD, Khardiata Lo Ndiaye. Pour Esso Solitoki, cette opération vise « à maitriser les effectifs des agents publics, rationaliser les dossiers de chaque agent et contribuer à l’assainissement des finances publiques ».
A la demande du gouvernement, le PNUD apporte un appui technique et financier au projet de réforme et de modernisation de l'administration publique pour la période 2008-2012. En 2008 un cadre stratégique a été élaboré et adopté, visant à améliorer l'efficacité du fonctionnement des services publics et assurer des services efficaces aux usagers. Dans le cadre de l’exercice tout juste achevé, « L’assistance du PNUD a consisté à mettre les ressources humaines et les moyens financiers à la disposition du ministère de la fonction publique. C’est un processus qui est totalement maitrisé au niveau national et nous sommes certains que les résultats seront de très grande facture » a déclaré Mme LO NDIAYE
La machine d'une meilleure administration publique au service du développement vient ainsi d'être lancée. Elle permet de redéfinir et clarifier les missions de l'Etat, notamment, la révision du cadre juridique de la fonction publique, la mise en place d'une administration électronique, d'un mécanisme de coordination de l'action gouvernementale ; de rationaliser les structures administratives et les normes, des emplois et des postes, et de renforcer l'efficacité du travail gouvernemental.
Cependant, les défis et enjeux demeurent importants. Il faut consolider et pérenniser les acquis ; obtenir des changements visibles et durables ; clarifier le positionnement institutionnel des questions liées au renforcement de capacités ; mobiliser des ressources suffisantes pour conduire la réforme et la modernisation de l'administration publique ; et renforcer le leadership du ministère de la réforme administrative sur toutes les questions relatives à l'administration publique et au renforcement des capacités. Au plus haut niveau de l'Etat, cet enjeu est inscrit parmi les priorités et les défis à relever pour un retour définitif du pays sur l'échiquier international après plusieurs années d'absence.
Le PNUD a déjà mobilisé plus de 5 $US pour la période 2008-2012. Depuis cette année, la Banque Africaine de Développement a engagé un montant de 706 000 $US. D’autres partenaires interviennent indirectement, à l’instar de l’Union Européenne sur le volet e-administration avec le financement de l’automatisation du Journal Officiel ; l’UNICEF et l’Agence Française de Développement sur la poursuite des audits ministériels. L’AFD a pu mobiliser 8 millions d’euros pour l’audit du ministère de la santé et les recommandations qui vont en découler, de même que la restructuration de la centrale d’Achats des Médicaments Génériques (CAMEG).
 
 
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